Quentin* n'avait pas 20 ans quand on l'a connu aux distributions de repas vers le mois de mai, l'année passée. Il était très seul, n'avait qu'un ami, nous disait-il, mais ses parents ne voulait pas qu'ils se voient. Il a installé sa tente près de deux autres gars au milieu des bois. Il avait un vélo à côté de sa tente, il voulait le réparer lui-même. On lui a filé des rustines et une pompe. Sa tente était minuscule, pas de place autour, il fallait enjamber les ronces pour y arriver. Il ne voulait pas prendre plus de place. Il se faisait un petit feu et c'est là qu'on lui déposait des repas et des boissons sucrées et des biscuits dont il rafolait. À 20 ans, ce gamin, on avait fort envie de le gâter. On ne savait rien de sa famille. Il visitait souvent des studios, tout ce qu'il voulait c'était retourner à l'école. Mais n'obtenait jamais de logement, les propriétaires qu'ils rencontraient voulaient des garanties. Pourtant, il percevait le RIS. Son teint blafard devait faire peur. Il est resté quelques mois dans sa petite tente. Un jour, il a été pris en charge par une association qui aidaient les jeunes grâce à un subside spécial de la Fondation Roi Baudouin. On n'a plus revu Quentin depuis le mois d'août. On espère bien qu'il va réussir son année à l'école.

* Les prénoms sont modifiés.